Ce soir et demain en Alsace, en Lorraine et dans le Nord de la France, le Saint Nicolas passera, en compagnie du Père Fouettard, chez les enfants pour récompenser ceux qui étaient gentils durant l'année (alors que le Père Fouettard a prévu de punir les enfants désobéissants).
Aujourd'hui j'ai le plaisir de vous présenter une vidéo où mon amie Abbounette chante la Légende de Saint Nicolas sur des dessins qu'elle a créés pour vous narrer cette belle histoire traditionnelle.
Pour que l'enfant apprenne à se situer dans l'espace, n'hésitez pas à employer souvent des expressions très précises pour désigner les endroits dont vous parlez, que ce soit avec l'enfant ou autrement dans la conversation qu'il peut entendre même quand elle ne lui est pas directement destinée. L'enfant étant très curieux par nature et très désireux de s'instruire, il enregistrera dans sa mémoire la façon que vous utiliserez pour vous orienter vous-même
Exemple récent : Vendredi passé, lors d'une promenade en voiture, nous passions à proximité de vaches dans un champ. Nous les avons désignées à Eléonore, en disant : "Regarde, les vaches dans le champ ! regarde : à droite !" Comme elle regardait d'abord sur sa gauche, nous lui avons alors dit : "Non, pas de ce côté, pas à gauche ! Regarde, elles sont à droite !"... Comme vous le constatez, c'était une occasion de placer la droite et la gauche dans la conversation avec l'enfant.
Par mimétisme, Eléonore commence elle aussi à employer les termes à droite et à gauche, même si ce n'est pas encore le bon côté à chaque fois : du moins on voit qu'elle a compris globalement qu'il s'agissait de se situer dans l'espace.
Pour l'apprentissage correct de toutes les lettres de l'alphabet, il est important que l'enfant sache bien distinguer sa droite de sa gauche.
En effet, s'il ne sait pas de quel côté de la lettre on place la demi-lune dans les lettres suivantes, comment pourra-t-il mémoriser :
- b : demi-lune à droite / d : demi-lune à gauche
- p : demi-lune à droite / q : demi-lune à gauche
Ce n'est pas simplement en disant à l'enfant "la droite, c'est la main avec laquelle on écrit" que la notion de droite/gauche sera bien assimilée. (même en adaptant éventuellement la réponse si on constate que l'enfant est gaucher : "la main gauche est celle avec laquelle tu écris). On reste quand même ainsi bien trop dans le flou, car l'enfant quand il est petit peut souvent être tenté d'écrire avec n'importe laquelle des deux mains (sans rester pour autant ambidextre en grandissant !)
Le plus simple, c'est d'avoir recours à des trucs simples pour se souvenir de l'une des deux mains : la seconde main sera elle aussi facile à connaître ensuite.
Voici deux idées :
- on met généralement la montre ou le bracelet-gourmette à la main qui n'est pas utilisée pour écrire : les droitiers ont donc la montre ou le bracelet à la main gauche.
- la bague de l'enfant (quand il n'en porte qu'une... ) se met généralement à la même main que l'anneau de fiançailles ou l'anneau de mariage. La coutume changeant selon les pays ou les cultures, notons que pour la France la bague se met à l'annulaire de la main gauche
En toute logique, si l'enfant porte bague (pour les filles), bracelet ou montre à la main gauche, il saura dorénavant différencier sa droite et sa gauche.
A vous de trouver le truc qui conviendra le mieux pour votre enfant.
Sébastien, mon fils aîné, a été baigné dès son jeune âge dans une ambiance très bibliophile.
J'avais gardé tous les livres qui avaient été les compagnons de mon enfance afin de les faire découvrir à mes enfants. Certains de ces livres ont d'ailleurs un peu (beaucoup) souffert quand mes trois garçons étaient petits, lors de leur découverte du monde de la lecture !
Dès que Sébastien a eu l'âge de savoir tourner des pages pour regarder des images, nous l'avons abonné à POMME D'API que je lui racontais. Il avait aussi eu l'occasion de découvrir cette revue par les exemplaires que nous avions gardés en famille ; en effet, sa tante Sylvie y avait été abonnée dès les premiers numéros qui étaient parus alors qu'elle était elle-même à l'école maternelle quelques années avant la naissance de Sébastien.
Quelques mois avant de fêter ses trois ans en mai 1978, il attendait déjà avec impatience la rentrée de septembre pour pouvoir aller enfin à l'école maternelle... Voici les photos de cette première rentrée des classes.
L'école maternelle qu'il fréquentait à Mulhouse insistait plutôt, dans ses enseignements, sur les tout premiers apprentissages : socialisation de l'enfant, premières découvertes, travaux manuels. Je ne crois pas me souvenir que les enfants y aient seulement appris à écrire ou reconnaître leur prénom...
Par contre, en famille, Sébastien commençait à déchiffrer les lettres qu'il découvrait grâce à Mamy et Papy (ses grands-parents maternels), sa tante Sylvie et moi-même qui étions attentifs à stimuler sa soif de savoir. Ses deux frères, nés respectivement en 1977 et en 1979, découvraient à leur tour à la maison l'univers des livres et des histoires pour enfants. J'en reparlerai le moment venu, car je consacrerai un message différent pour relater l'expérience de chacun de mes enfants.
Est venu le moment de la rentrée en école primaire. C'est juste avant septembre 1981 que nous avons emménagé dans une ville plus petite située à une vingtaine de kilomètres de notre précédent domicile mulhousien, alors que s'annonçait la naissance d'une petite soeur.
Dans cette école primaire, chaque enseignant avait sa propre méthode d'apprentisage de la lecture. Pour Sébastien, l'année scolaire commença avec au tableau la phrase suivante (écrite en lettres calligraphiées en minuscules) :
maurice a sa fête
En effet, début septembre c'est la Saint-Maurice, jour de la fête patronale de la ville où nous venions d'emménager. Et dans la classe de Sébastien, il y avait un élève qui se prénommait Maurice ; la phrase prenait donc un sens concret pour les élèves, mais c'était une phrase à apprendre dans son ensemble et qui était formée de mots assez difficiles, notamment fête avec son accent circonflexe sur l'E.
Quelques jours après cette rentrée au CP (cours préparatoire, première année de l'école primaire en France), Sébastien partait en cure à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) avec Mamy, pour soigner leurs bronchites asthmatiformes. Pour éviter qu'il ne prenne du retard sur le programme scolaire, Mamy avait veillé à rester en contact avec son instituteur qui lui envoyait les polycopiés des leçons et exercices faits en classe.
Pendant le voyage, Sébastien s'était déjà amusé avec Mamy à déchiffrer les panneaux lors du trajet (en avion, puis en train) : SORTIE, MULHOUSE, LYON, TOULOUSE, etc.
Les exercices de lecture et de calcul étaient quotidiens après la matinée passée à l'établissement thermal.
Mamy profitait de ses longues journées en compagnie de Sébastien pour lui enseigner plein de choses utiles, entre autres la lecture de l'heure sur un cadran au moyen d'une pendule en carton disposant de deux aiguilles mobiles, qu'un curiste avait bricolée pour Sébastien.
Il y avait aussi toutes les découvertes qu'on peut faire quand on est en voyage : paysages, notions de géographie, sites touristiques ou historiques, etc. , explications sur la cure et le fonctionnement du corps humain en particulier le système resporatoire...
Les apprentissages étaient variés, mais pour ce qui est de la lecture, Mamy utilisait de préférence la méthode que nous avions toujours pratiquée en famille, basée sur l'apprentissage des lettres et du B-A BA suivi par l'apprentissage du mot (au lieu de la mémorisation immédiate de phrases entières à réciter plus ou moins stupidement sans réfléchir aux lettres, tel qu'il semblait être de coutume pour certaines classes de CP).
Pendant cette période de trois semaines, les camarades de classe de Sébastien n'avaient pas eu beaucoup l'occasion de progresser sur le plan de la lecture, car quand Sébastien est revenu en classe la leçon sur Maurice qui avait sa fête était à peine assimilée par la plupart des élèves... Alors qu'au préalable nous craignions un peu que la période de cure ne compromette la scolarité de Sébastien, nous avons pu constater qu'au contraire il avait pris une sérieuse avance sur eux pendant ces trois semaines de "cours particuliers intensifs" avec sa Mamy.
Ensuite, Sébastien a toujours été un excellent élève et ses résultats aux diplômes puis aux concours administratifs ont toujours été autant de sources de joies, en particulier pour sa Mamy qui sait qu'elle fut pour beaucoup dans son goût pour lire et étudier.
Je partage ci-dessous avec vous, reproduit dans son intégralité, un message que j'ai trouvé hier matin dans ma boîte de réception. Autant que tout le monde en profite !...
Subject: Blog Mon Genie : nouveau mail Date: Wed, 28 Mar 2007 09:01:26 +0200
Je réagis vivement à vos propos quant à votre méthode de lecture. Etes-vous enseignante ? Pour ma part, je le suis et depuis une quinzaine d'année. J'ai appris à lire à l'école avec ma mère avec la méthode syllabique ( et j'avais pourtant des difficultés en orthographe). Pour votre gouverne, sachez que la méthode globale n'est pas ou n'a été pratiquement pas utilisée (sauf par quelques courants pédagogiques très minimes). Aujourd'hui la méthode est en générale mixte (d'abord globale pour permettre à l'enfant l'acquisition d'un capital mot puis syllabique pour l'étude de la combinatoire). Au cp, c'est à travers cette gymnastique quotidienne que l'enfant construit son savoir lire : lire c'est comprendre ! Et quoi qu'on en dise : bien souvent ça marche ! Alors de grâce, arrêtons de pointer telle ou telle méthode, telle ou telle profession pour trouver une réponse au problème de l'illettrisme. Pour bien y réfléchir il faut considérer globalement le monde qui nous entoure en se gardant bien d'établir des recettes de quelques époques qu'elles fut. Pour cela essayer d'abord d'analyser le public en difficulté et les conditions dans lesquelles ses enfants vivent (environnement économique, social et culturel) et mesurer la part d'influence des médias par exemple sur la valorisation de la lecture et de l'écrit en générale. A cela, ajouter la place de l'école et la reconnaissance des enseignants et vous pourrez alors établir plus réellement un diagnostic et ainsi établir une démarche d'apprentissage. Pour finir sachez qu' à elle seule la syllabique ne peut résoudre le problème de la complexité de la combinatoire (exemple : banc et banane, pour le son an) ou de la phrase et du texte avec ses indices morpho syntaxiques divers (majuscules, points, places des virgules...).
Pas de formules de politesses, même pas de prénom en signature (l'adresse e-mail de l'auteur du message comporte le prénom "Bertrand", mais je ne sais pas si la personne qui l'a écrit est ce Bertrand ou son épouse)...
Voici maintenant ci-dessous la copie de l'e-mail que j'ai envoyé en retour :
Monsieur,
Merci pour votre message tellement élogieux pour moi ! Au moins, cela montre que vous vous êtes intéressé un tant soit peu à mon blog.
Vous êtes libre de vos opinions et de pratiquer telle ou telle méthode selon votre expérience.
Je pense que je savais lire avant votre naissance, ou me trompé-je ?
Si vous voulez me donner des leçons, merci de relire d'abord votre courrier électronique et d'y apporter les corrections nécessaires (grammaire, orthographe). Venant d'un enseignant, votre message devrait ne comporter aucune faute. Ce n'est pas le cas et c'est en l'occurence très dommageable.
En tant qu'écrivain public, je ne me substitue pas aux enseignants mais j'aide des personnes qui n'ont pas réussi à apprendre à s'exprimer correctement à l'écrit pour la rédaction de leurs courriers et tout autre travail d'écriture. J'anime un atelier d'écriture et donne des cours particuliers de français à des adultes sortis du système scolaire : je ne vous fais en aucune manière concurrence, j'essaie juste de vous compléter et ceci en toute humilité.
En tant que maman de six enfants (tous désirés, je le précise, afin que vous ne me cataloguiez pas trop rapidement dans les "cas sociaux"...) j'ai pu expérimenter toutes sortes de méthodes et toutes sortes d'enseignants. Si certains de vos collègues avaient encore le "feu sacré" et un esprit humaniste, ce n'était malheureusement pas le cas de tous.
Il est certain que pour ma part je ne prétends pas avoir la science infuse. Je sais qu'on passe toute sa vie à apprendre, c'est d'ailleurs très bien ainsi.
Merci de m'avoir encore donné par votre courrier l'occasion d'apprendre sur la nature humaine.
Peut-être que dans votre famille il y a un grand-père qui porte ce petit nom ? Pour Eléonore j'ai mis en illustration un personnage du Cahier des Syllabes des éditions Cerf Volant : le pépé du lapin Petipol.
Dans l'un des livres que j'utilise, on demande à l'enfant de reconnaître les mots commençant par P qui sont sur la page... et il ne faut pas confondre le mot PAPA avec le mot PAPE.
Donc, voici le PAPE, en la personne de Jean-Paul II... occasion pour l'enfant de faire éventuellement connaissance avec ce qu'il représente pour les catholiques.
A l'école, Eléonore apprend à écrire son prénom "en bâtons" (= en majuscules). Eh bien, vu la longueur du prénom, ce n'est pas encore gagné !!! (Petite soeur Clara aura plus de chance, son prénom est bien court !)
Les "chouchous" de la classe se prénomment Théo et Emma... évidemment, leur prénom à chacun est bien plus aisé à apprendre et ils savent déjà l'écrire. C'est fantastique pour eux, bravo les petits génies !... Mais je suis persuadée qu'Eléonore les rattrapera bien vite. Pour l'instant elle sait déjà écrire ELEO... encore quelques semaines et ce sera impeccable pour elle aussi.
Courage ELEO, tu ne vas pas perdre le NORE (sourire)...
A défaut de retrouver le mythique "petit alphabet" qui accompagna mon propre apprentissage de la lecture il y a un demi-siècle, je suis bien contente d'avoir trouvé cet imagier. Il fait partie d'une fantastique collection d'imagiers adaptés à tous les âges (depuis les livres cartonnés que l'on peut donner à l'enfant de quelques mois, jusqu'à de véritables mini-encyclopédies des années précédant le collège).
Cet imagier comporte des cartes-caches à découper pour jouer sur les pages entre les mots et les syllabes, un peu comme un "jeu de mémoire" ou comme des dominos. Apprendre à lire devient ainsi un jeu intéressant pour l'enfant, un peu comme un jeu de société.
J'utiliserai aussi les mots de cet imagier pour mes fiches mots/syllabes.
En même temps que le précédent ouvrage, on peut déjà utiliser les mots qui se trouvent dans ce cahier des syllabes. En effet, les syllabes sont abordées successivement, avec chaque fois une lettre différente pour les débuter. J'utiliserai cette progression dans mon système de fiches mots/syllabes.
La première lettre est la lettre P, avec les syllabes pa-pi-po-pu-pe-pé, comme vous pourrez le cosntater sur les prochaines fiches d'Eléonore que je partagerai avec vous.
Ce cahier d'écriture est publié aux Editions du Cerf Volant. Aorès quelques pages consacrées à l'apprentissage des différentes formes à tracer pour écrire (barres, vagues, boucles montantes et descendantes, ponts, festons, pointus, créneaux et ronds), l'enfant apprendra successivement à écrire toutes les lettres de l'alphabet en calligraphie (= "en attaché"). Chaque page présente une lettre de l'alphabet, et sur l'illustration qui y figure on trouve quelques mots commençant par la lettre dont il est question sur cette page (A comme : amande, abricot, araignée, arbre, arrosoir, âne, avion, ananas ; B comme : bain, bulle... etc.).
Comme je ne prétends pas avoir la science infuse, je m'aide de plusieurs livres qui sont autant d'outils formidables s'ils sont utilisés dans un ordre logique et de façon progressive selon les acquisitions de l'apprenant.
A l'école, Eléonore a déjà commencé à découvrir la façon d'écrire les lettres.
Pour la maison, sa maman avait déjà trouvé il y a quelques mois un livre très intéressant et assez complet, que je vous présente ici (voir l'image), "Mon grand livre de maternelle" paru aux éditions France Loisirs. Cet ouvrage expose bien les différentes choses à apprendre en classes de maternelle. On peut très bien l'utiliser à la maison, en complément de l'école, sans pour autant vouloir se substituer à l'enseignement dispensé par les maîtresses qui ont "appris à apprendre".
Par contre, et j'insiste fortement : il faut que l'enfant apprenne en se distrayant à la maison. Evitez absolument de l'ennuyer, de lui imposer les exercices d'écriture ou de lecture comme autant de choses obligatoires. Plus l'enfant sera heureux de s'amuser avec les chiffres et les lettres, mieux il apprendra. Il ne faut pas vouloir en faire un génie avant l'heure, laissez à lenfant tout le temps nécessaire : Rome ne s'est pas fait en un jour !
Surtout, surtout, ne le dégoûtez pas des livres ! Donnez-lui plutôt envie dd'aller à la découverte des livres, donnez-lui envie d'explorer sans cesse des belles histoires. Il y a énormément d'ouvrages destinés aux enfants, vous trouverez sans doute de quoi l'intéresser parmi les livres adaptés à son âge.
Sur ce blog, je souhaite partager avec vous, en toute humilité et en toute simplicité, mon expérience en matière d'apprentissage de la lecture, en partant quasiment "du b-a, ba" et en l'adaptant aux circonstances ainsi qu'aux goûts et capacités de l'apprenant.
IMPORTANT : Pour suivre la progression logique de l'apprentissage tel que je vous le présente, il est important de respecter la chronologie de publication de mes articles. Afin de commencer tout au début du blog, cliquez ci-dessous dans la rubrique "ARCHIVES" : vous trouverez les premiers articles qui ont été postés au début du mois de mars 2007. A ce moment-là, il faudra cliquer dans "ARTICLES PRECEDENTS" jusqu'au tout premier, posté le 13/03/2007 et dont le titre est "Apprendre à lire".